DOPAGE :

EPO pour Fatima aussi ...

13/08/2012


Fatima Yvelain est tombée dans les mailles du filet :
Elle vient d'être sanctionnée par deux années de suspension pour un contrôle antidopage réalisé en juin lors du semi marathon de Perpignan, révélant une prise d'EPO.
Pour sa défense, elle a invoqué la thèse abracadabrante suivante : elle fait état de pluies torrentielles le jour de la manifestation qui ruisselant sur des déchets médicaux auraient pu polluer ses vêtements et par contact avec ses organes génitaux et ses urines. Autant dire que l'organe disciplinaire de la FFA n'a pas retenu cette version loufoque.
Le jour de son contrôle Fatima Yvelain âgée de 43 ans avait terminé seconde féminine en 1h 20'20" empochant la somme de 400 euros.
Cet hiver, l'ancienne internationale s'était classée 35ème du France de cross mais championne de France chez les vétéranes après avoir réussi le bon temps de 34'53" sur 10 km à Roanne.
Ce contrôle positif à l'EPO pour une athlète de niveau régional, signifie avant tout que l'EPO circule même dans ces couches de sportifs qui devraient avoir tourné la page du haut niveau et se satisfaire de prendre du plaisir à courir.
C'est également la preuve que la lutte anti dopage porte ses fruits à tous les étages, sur l'élite avec pour preuve les deux cas révélés il y a peu, Nourredine Gezzar et Hassan Hirt qui a couru les séries de 5000 m aux J.O. de Londres et sur les coureurs populaires.

 

A relire : extrait de Libération du 13 novembre 1999

Marseille, de notre correspondant.
A force de se battre "depuis quinze ans" contre le dopage, Blandine Bitzner-Ducret, 34 ans, se retrouve auditionnée sur le sujet par l'Assemblée nationale ou reçue par la ministre des Sports. Mais, vendredi, c'est devant le tribunal correctionnel de Marseille qu'elle était citée à comparaître pour diffamation, par sa rivale du 5 000 m, Fatima Maama-Yvelain, sociétaire d'un club phocéen. L'athlète alsacienne a plaidé coupable. Ses déclarations accusant Fatima de dopage étaient déplacées, elle s'était excusée le lendemain. Ça n'empêche pas Fatima Maama de lui réclamer 200 000 F de dommages et intérêts.
"Je ne voudrais pas que ces déclarations soient interprétées comme si j'étais aigrie d'avoir perdu", a précisé hier Blandine. Ce 30 juillet, Fatima, 29 ans, devient championne de France du 5 000 m, à Niort. A peine la ligne franchie, Blandine, sa dauphine, déclare: "On ne peut pas lutter à armes égales, je dédie ma deuxième place à la lutte antidopage", et remarque: "Elle a bouclé le dernier tour de piste en une minute, c'est incroyable."
"Ma position a toujours été très franche par rapport à la lutte antidopage, a expliqué hier, Blandine, qui réclame des contrôles sanguins inopinés. Le dopage a évolué. Il y a aujourd'hui des méthodes suspicieuses." A ses côtés, Fatima Maama ne dit rien: on ne l'interroge pas. Son avocat bondit contre "le coup de poignard dans le dos", "les pires insultes qu'on puisse faire à un sportif". "On veut bien que Blandine Bitzner passe pour la Jeanne d'Arc de la lutte antidopage, mais pas si cela consiste à accuser une seule personne dont elle veut détruire la renommée", estime Me Pautot, qui brandit le résultat du suivi longitudinal de sa cliente, deux jours après l'épreuve: négatif. "Voilà la preuve que Fatima Maama ne s'est jamais dopée." Erreur. "Fatima Maama a été contrôlée positive en mai 1997, alors qu'elle courait pour le Maroc, et suspendue trois mois, révèle Me Marc Muller, défenseur de Blandine Bitzner. Elle avait parlé d'une erreur médicale." Et Me Muller s'étonne de se retrouver devant un tribunal. "Blandine s'était excusée, Fatima a accepté les excuses. Derrière ce procès, il y a d'autres personnes, comme son entraîneur. Fatima est manipulée!" Dans ce déballage, Blandine voulait juste "dénoncer des clans", explique son avocat. Le procureur n'a rien requis.

Jugement du 14 janvier 2000.
La course judiciaire entre Blandine Bitzner-Ducret et Fatima Maama-Yvelain, se termine en queue-de-poisson. Le tribunal correctionnel de Marseille a estimé que la citation de Fatima Maama étant incomplète, il n'y avait pas lieu à statuer. A l'arrivée du championnat de France, le 30 juillet, Blandine, battue par Fatima, avait accusé sa rivale de dopage. Fatima l'avait citée devant la justice pour diffamation. Entre-temps, la première s'était excusée, mais la seconde réclamait 200 000 F de dommages et intérêts. C'est raté.