l'éditorial

Ami, entends-tu …

La Ligue de Nouvelle Aquitaine  va présenter, à sa prochaine Assemblée Générale, un plan de réorganisation de ses territoires. Il est grand temps de réagir face à ce projet qui va accroitre l’isolement des clubs ruraux qui regroupent pourtant une majorité des effectifs de la Ligue.

A Ussel, Bugeat, Chanteix, Aubusson ou Guéret, quelle que soit l’organisation de la nouvelle région, le constat est le même : des déplacements toujours plus longs et couteux, des organisations locales non qualifiantes, des entraineurs vieillissants. Bienvenue dans ces petits clubs ruraux qui se meurent dans l’indifférence de Bordeaux et des grandes agglomérations.

Les cris sourds de nos sous-préfectures, touchées par la désindustrialisation et l’exode rural, ne portent plus assez loin. Nos petites villes ne peuvent que constater la dévitalisation de leurs clubs sportifs et de ceux d’athlétisme en particulier, sans être entendus. Les explications sont nombreuses. D’abord, l’absence de pôles universitaires à proximité, ce qui incite les jeunes athlètes à quitter leur club, dès le bac en poche, souvent pour rejoindre un grand club. Ensuite, il y a eu la multiplication des contraintes fédérales pour le renouvellement quadriennal des qualifications des dirigeants, officiels et entraineurs. Enfin, la baisse des aides publiques dictées par les difficultés financières de nos communes et départements ruraux souvent endettées, aides jamais totalement remplacées par des parrainages privés.

A cela s’ajoute maintenant la trop grande étendue de la région Nouvelle Aquitaine, région aussi vaste qu’un pays comme l’Autriche.
Prôné par le Président de la Lana, Eric RAUL, le « vivre ensemble » a bien du mal à se mettre en place. Doutes sur la compétence des dirigeants de notre ancienne ligue du Limousin, demandes écoutés mais jamais entendues entrainant de nombreuses démissions …
Il en est ainsi du découpage forcé de la ligue en deux zones malgré le rejet des trois départements limousins. Une zone « Nord » regroupant huit départements et générant des déplacements de près de 400 km pour des compétitions de niveau interdépartemental : pure folie ! Un découpage destiné à solutionner le problème de la Gironde, à la fois département et territoire, même si l’argument d’un meilleur niveau de compétition a également été justement mis en avant. Cette idée est si saugrenue que la Lana, pourtant au bord du déficit, a dû mettre en place un fonds de soutien de 7000 euros pour compenser les frais de déplacements des plus éloignés à l’occasion des cross de zones !
Et que dire du dictat concernant l’organisation des prochains interclubs ignorant les demandes insistantes de la grande majorité des clubs.

Si cette politique n’est pas encore perçue comme un Anschluss par cette « Aquitaine périphérique » de nos clubs ruraux, c’est bien un sentiment d’abandon qui s’installe dans nos campagnes.  Ami, entends-tu …  

 

I have a dream

Je fais un rêve.
C’est le quatorze août au soir du marathon olympique.
Patricia boucle les 42 kilomètres cariocas en 2h29’55, pulvérisant son record personnel de sept minutes. Elle se classe seizième sauvant ainsi l’honneur du marathon français après l’abandon de Christelle. Ussel est en fête.
Et puis je fais un cauchemar.
C’est le quatorze août au cœur de la nuit après le marathon olympique.
De retour de Rio, Patricia a du mal à retrouver le chemin de l’entraînement. Maudite tendinite d’Achille. Après une année blanche, sortie des listes ministérielles du haut niveau, toutes les subventions fédérales, régionales, départementales et municipales ont disparu plus vite que le temps d’un marathon. Et Patricia se retrouve au chômage, elle qui a trop facilement cédé au chant des sirènes fédérales, délaissant ses études pour se consacrer à sa préparation olympique ...
C’est au petit matin du quinze août au lendemain du marathon olympique.   
Réveil matinal pour un petit footing en forêt. Retour à la réalité, ma foulée est lourde mais j’ai le cœur léger. Patricia n’était pas à Rio, elle n’a plus d’aides mais un bon travail après avoir obtenu un joli diplôme.
Le prochain rêve, il sera réalité j’en suis sûr. Je le garde pour les jeux de Paris 2024. Patricia, étoile de mes nuits blanches, aura 36 ans, l’âge idéal pour le marathon.  

 

Pistard, oiseau rare. cliquer ICI

 

Fiers d'être Corrèz'athlète !


Soyons fiers d'être Corrèz'athlètes. Etre Corrèz'athlètes est notre nom de famille. Notre section locale est notre prénom. La section locale est ce qui nous distingue au sein de la même famille, Corrèze athlé, a laquelle nous appartenons tous. Chacun d'entre nous, et nos prédécesseurs, ont contribué à faire ce qu'est Corrèze athlé aujourd'hui : de nombreuses pratiques, usages, coutumes, spécialités …
Car Corrèze athlé n'est pas un monolithe; Corrèze athlé est plurielle. Plutôt une idée qu'un club. Une idée aux racines corréziennes. Un monde de coureurs, de lanceurs et de sauteurs. Une confluence d'expériences d'entraineurs, de juges et de bénévoles. Corrèze athlé n'a jamais supporté une uniformité imposée. Et Corrèze athlé ne sera jamais séduite par une discipline de fer. Corrèze athlé est une ruche hétérogène. Certainement pas un super club en devenir ni une section en grand. Cette ruche doit également demeurer la base d'une Corrèze athlé unie et fédérative. Unie, afin de conserver notre identité corrézienne multiple et d'en être fier. Pas pour l'éliminer ou la mettre sous cloche.
Comment reconnaître des Corrèz'athlètes ? Pas tant à la couleur de leur maillot mais plutôt à leur manière de participer. A leur regard sur les gens et les choses. A leur fairplay que l'on aimerait retrouverez bien plus souvent ailleurs dans notre monde sportif.


Allez les jeunes !

La chinoise XUE BAI vient de remporter le marathon des championnat du monde de Berlin à 21 ans !

Cette jeune athlète, née en 1988 quelques mois après notre championne Patricia Laubertie, avait couru son premier marathon en 2003 à l'âge de 15 ans (2 h 37'07 ). Sa progression s'est poursuivie avec 2 h 27'46 en 2007, puis 2 h 23'27 en 2008 et un titre de championne du monde en 2009 en 2 h 25'15 par 25° à l'ombre.
Pour mémoire, l'âge moyen des françaises engagées à Berlin était de 36 ans avec une meilleure performance moyenne de 2 h 38'. Difficile alors d'éviter la dernière place par équipe.
En attendant, les commentateurs de la TV française se rassurent en parlant de combativité, de courage (et c'est vrai) de nos athlètes français. Combien de fois notre speaker amiral Nelson a-t-il prononcé " c'est pas grave, ça ira mieux la prochaine fois " ?
En revanche, la question qu'il aurait du poser à la Secrétaire d'Etat Rama Yade présente à Berlin était de savoir si l'organisation de notre sport en France (et du sport plus généralement) était bien en adéquation avec les résultats attendus ou espérés par l'opinion publique et les dirigeants politiques toujours dans le coup pour fêter les médailles.
Dès le collège, les fondamentaux (natation, gym, athlé) ont laissé place aux arts du cirque et à l'Ultimate (C'est un raccourci mais pourtant vrai).
Et pourtant, pour avoir des résultats il conviendrait en premier lieu de mettre les moyens dès le plus jeune âge. Depuis 1910, en Jamaïque, le système scolaire encourage la pratique de l'athlétisme qui est enseigné chaque après-midi dans les écoles. Et en avril, les gamins de l'île s'affrontent pendant quatre jours dans le stade de Kingston.
Et puis nous venons d'apprendre que les budgets Jeunesse et Sport seront dès la rentrée en diminution. Alors que dans le même temps, il y a encore des athlètes qui ne peuvent se libérer de leur emploi, même quelques jours, pour effectuer les stages de l'équipe de France, tout simplement parce que il leur faut bien payer leur loyer et se nourrir.
La FFA fait bien son possible pour avoir une équipe conquérante en 2012, mais sans sa base, une pyramide ne peut que s'effondrer. Alors plutôt que de déclasser une cadette qui participe par pur plaisir à deux courses de demi-fond au championnat de France, il faudrait peut-être encourager nos jeunes à courir.

N'est-ce pas Xue BAI ?

 

 

L'union fait la force !

C'est fait ! Après un peu plus de six mois d'activité, Corrèze Athlé a déjà démontré toute son utilité.
Et pourtant que le chemin fut long pour arriver à une première entente de quatre clubs corréziens. Il y a plus de 10 ans, quelques dirigeants, dont notre coach, avaient déjà senti venir un premier coup de blizzard avec d'une part la baisse générale du niveau athlétique et d'autre part les premières fusions de clubs.
Si tout est plus compliqué à quatre - et il faut beaucoup de bonne volonté à nos cadres pour harmoniser nos multiples activités - qu'aurions nous fait chacun dans notre coin lors des derniers interclubs ? Comme le CAB et les SAM qui se sont battus pour une troisième place à 20.000 points ? Sûrement mieux pour l'UAC de son coté et pour une entente Elan-ACJC de l'autre. Mais il aurait fallu se résoudre à participer au deuxième tour régional sur la vielle piste de Beaublanc avec un programme réduit …. Peu motivant tout ça.
Mais c'est fait, Corrèze Athlé sera bien en Nationale 2 comme nous l'avions tant espéré en début de saison.
Alors, que nos élans profitent à fond du déplacement à Tarbes où il retrouveront des courses de bon niveau avec des adversaires inhabituels. Qu'il en tirent une plus grande motivation à l'entraînement et surtout un enrichissement personnel au fil des échanges avec leurs coéquipiers des autres sections locales.
Et maintenant, continuons à regarder vers l'avenir et laissons la porte ouverte aux autres clubs corréziens. Et surtout, sachons garder nos spécificités qui participent tant à l'enrichissement de Corrèze Athlé.

 

 

Touchons du bois !

 

A l'heure où la fédération française de randonnée pédestre a pris ses quartiers d'automne à Bugeat pour y tenir son assemblée générale, les exploitants forestiers arpentent encore et encore les chemins de randonnée du parc régional de Millevaches. Pendant que les uns balisent méticuleusement les sentiers avec de fins et discrets petits traits de peinture rouges et blancs, les autres s'en donnent à coeur joie avec leurs tracteurs et camions aux roues géantes. Bien sur, le bois est une richesse pour l'économie locale et la "mondialisation" demande de réduire les coûts pour rester compétitifs. C'est évidemment la raison de cette mécanisation aveugle mise entre les mains d'ouvriers aux ordres de spéculateurs qui eux s'envoleront pour un trekking en Himalaya loin du plancher des (mille) vaches. Alors que faire ? Comme l'ami Sylvain, le bien nommé, l'a relevé dans le magasine du Conseil Général de la Corrèze, "lutter contre les nuisances, embellir le cadre de vie, la Corrèze dispose d'une nature omniprésente et très préservée. C'est une richesse inestimable; nous devons veiller à ce qu'elle ne se dégrade pas, du fait de nos comportements, de pollutions ..." Beau programme. Malheureusement, lors du dernier trail du Longéroux, les coureurs ont pu gambader de sentiers impraticables en coupes rases ! Mais nos hommes politiques vont réagir, c'est sur .... enfin, touchons du bois !

 

 

Une espèce en voie de disparition.

Pour le grand public, trois clubs du Limousin s'illustrent en " nationale ". Heureusement ( ?) les compte-rendus de la presse régionale ne font pas état du faible niveau de nos athlètes. Mais les interclubs du 6 mai à Ussel ont pourtant mis en évidence la faible densité des équipes et en particulier celle d'un demi fond squelettique. Ainsi seulement 22 filles et 56 garçons ont été classés sur l'ensemble des courses du 800 m au 5000 m. Et si des performances de bon niveau avaient été réalisées par ces athlètes, le constat serait moins terrible. Mais aucune fille n'a réussi un chrono de niveau R1 et seuls 3 garçons y sont parvenus ! Clubs de niveau national sans athlètes de niveau national : logique athlétique !
Et cette faillite s'est répétée à l'occasion des championnats de la Corrèze à Brive le 26 mai. Pourtant, une seule distance de demi-fond, le 1500 m, était programmée ce jour là. Un 1500 m féminin annulé faute de participantes et 9 masculins esseulés sur la ligne de départ d'un stade désert, seulement égayé par l'écho des bandas du stade de rugby. A l'arrivée, une perf R1, une perf R2, une perf R3 et une perf D1 ! Pas un seul briviste classé alors que sept ussellois avaient fait le déplacement en basse corrèze. Bravo quand même à ces courageux pistards d'une espèce en voie d'extinction. Mais quel terrible constat.
Bien sur les plus optimistes feront remarquer que les Saint Juniauds n'étaient pas à Ussel le 6 mai. Bien sur, il y avait un monde fou au 10 km de Brive le 25 mai en soirée. Bien sur le nombre de licencié de la Ligue est en constante augmentation. Bien sur la section route du CAB a qualifié ses trois équipes masculines au championnat de France de cross cet hiver. Bien sur … Il n'empêche, le demi-fond corrézien est bien en train de s'éteindre à petit feu. Alors que la moyenne d'âge des pelotons ne cesse d'augmenter, l'investissement des plus jeunes à l'entraînement est en chute libre avec seulement deux séances par semaine pour certains des meilleurs espoirs de la discipline. Comment progresser avec si peu ?
Alors, comment encourager nos derniers demi-fondeurs de talent à poursuivre leur carrière sur la piste ? Ne vont-ils pas céder, les uns après les autres, aux chants des sirènes venus des kermesses du hors stade ?
Quelle solution pour sauver cette espèce en voie de disparition ?
Briser la logique de l'athlétisme polyvalent et pédagogique qui retarde au maximum la spécialisation ? Enseigner l'éducation athlétique dans les collèges (rôle de l'EPS) ? Actuellement l'entraîneur de club y perd son temps et son énergie. Et surtout c'est dommage pour les jeunes qui ont faim de demi-fond et qui ne peuvent pas s'investir parce que l'athlétisme " doit " être pluridisciplinaire. Est-ce pour cela que les jeunes qui sont des mordus de demi-fond abandonnent ? Actuellement, on court plus dans certains sports collectifs que dans les écoles d'athlé où l'on se contente de " gigotage, de bricolage et de gri-gri " comme l'a si bien dit Philippe DUPONT, ancien entraîneur national de la FFA.
Le coureur de demi-fond, une espèce en voie de disparition ? Non bien sur … grâce aux naturalisations en masse de coureurs africains, l'équipe de France a de beaux jours devant elle. Mais l'équipe de la Corrèze ?